Instant volé : Le Grand Dieu de l’hôpital.

L’histoire c’est S., l’écriture c’est moi. MERCI !

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Alors voilà une journée aux urgences gynéco… Les patientes défilent, les histoires aussi.
Tout à coup, téléphone : « Viens viiiiiiiiiiiiite aux suites de couche, un homme va trèèèèèèès mal ».
Là, le frère d’une patiente gît au sol : crise d’épilepsie. Action/réaction : « APPELEZ L’ANESTHESISTE »
(Il y a 12 lettres à anesthésiste et 12 lettres au mot Dieuuuuuuuuu… Coïncidence ? Je ne crois pas !)
La soeur hurle, le bébé de la soeur hurle (mais c’est normal : c’est un bébé…), les parents de la soeur hurlent. L’espace d’un instant, la chambre s’est changée en une chorale de quatre Lara Fabian (au meilleur de sa forme).
Situation inédite/improbable dans ce service de bisounours nourris au sucre candy.
Popol, le co-interne de S., accourt. Réflexion à mille à l’heure.
« Il respire ? »
« Non ».
Ils se regardent.
« Tu as un pouls ? »
« Non, et toi ? »
 » Moi non plus ».
Comme à la télé. Un sur le brancard -qui masse- et l’autre -qui pousse la charrette-. La folle équipée déboule en salle d’accouchement.
Gentille Sage-Femme, Sauveur Anesthésiste, sont vite là pour les aider. Son coeur repart rapidement… celui de S. un petit peu moins.

Deux remarques dont se souvient S. :

1- Une infirmière disant : « Est-ce que tu as des étiquettes ? »
(Et oui ! À l’hôpital, si tu n’as pas d’étiquettes, tu meurs ).

2- Le couple qui attend à l’accueil des urgences : « Pas possible d’attendre si longtemps ! C’est toujours pareil dans les hôpitaux : on pourrait crever en attendant ».
Restons stoïques : quelqu’un aurait pu « crever » s’ils n’avaient pas attendu…

Il faut que j’écrive sur les étiquettes. Je veux dire : il faut VRAIMENT que j’écrive sur les étiquettes. Elles sont l’Alpha et l’Oméga de l’hôpital.

C’est très simple : Dieu, à l’Hôpital, il s’appelle Étiquettes.

AMEN.

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6 réflexions au sujet de « Instant volé : Le Grand Dieu de l’hôpital. »

  1. Frédérique

    Je suis infirmière anesthésiste et je decouvre ton blog aujourd’hui … ca fait 3 h que je ne decroche pas, je lis tout depuis le 1er post !!!
    J’ai ris, jai pleuré … merci !!
    Et cette phrase sur les étiquettes, tellement vraie !! Malheureusement, seuls les soignants pourront comprendre 🙂

  2. Ruckbat

    Une amie vient de me donner l’adresse de votre blog (enfin « vient », c’est relatif, ça fait bien quatre heures maintenant…) et je crois que j’ai à peu près tout lu. J’avais envie de laisser un petit mot, mais je ne suis pas très douée pour commenter même s’il y aurait beaucoup à dire, alors voilà, je me contente du plus simple. Etudiante vétérinaire, je peux vous assurer que je connais bien votre Dieu de l’Hôpital : celui du CHUV s’appelle aussi Etiquettes.
    Bonne continuation et merci pour ce blog !

  3. madoka

    Tout a fait d’accord sur les étiquettes..sans elles on est mal..je veux dire on est VRAIMENT mal ! En même temps ça fait depuis combien d’années , siècles qu’on a décrété que nos vies devait s’aliéner au ptit’ bout de papier?.alors qu’on pourrait les laisser brûler ! merci encore pour ces histoires, toujours aussi bien écrit

  4. Zoé

    Ah les étiquettes !
    Lundi 6h30 : je suis attendue au bloc pour une petite intervention délicieusement peu douloureuse à l’utérus. Rien de grave mais une merde qui dure depuis 15 mois…une merde qui faut que je connais l’ensemble des raccourcis de l’hôpital et une grande partie du personnel administratif, les brancardiers aussi et les soignants pas mal.
    Mais je n’ai pas d’étiquettes. Pas d’étiquette pas d’opération c’est comme ça.
    6h45 : je suis devant un bureau marqué ‘admissions’ allumé mais fermé par une grosse grille métallique genre coffre de banque. A l’intérieur une femme qui me dit « j’ai fini mais mes collègues arrivent à 7h » alors attendez. J’attends.
    7h20 : je remonte voir les infirmières « dépêchez vous au bloc on vous attend mais sans étiquette pas d’opération »…le stress monte lentement mais sûrement.
    7h45 : toujours personne au bureau des admissions. Plus de lumière non plus.
    7h55 : je cherche un autre bureau d’admissions, on sait jamais ! Il y en a un autre…mais il refuse de me faire des étiquettes parce qu’il pourraient me faire une admission simplifiée.
    8h : je remonte « vous pouvez me faire une admission simplifiée ? » « ah non on n’a pas d’imprimante, attendez ça va ouvrir ».
    8h20 : Toujours rien face à la vitrine de la banque…
    8h25 en larme et depuis 2 h que je poireaute très détendue je retourne à l’autre bureau d’admissions en lui disant « le bloc le chir, l’équipe m’attendent…Pourriez-vous me faire mes étiquettes, je n’en peux plus… » « D’accord Madame (crochet du gauche), ne vous inquiétez pas (crochet du droit), ce n’est pas votre faute (uppercut) mais dites-leur de me téléphoner au poste 32325 pour que je les engueule ! (DIRECT et KO…)
    8h30 : arrivée avec 2 h de retard au poste des infirmière AVEC mes étiquettes « dépêchez-vous tout le monde vous attend ! »
    DOUCHE 2 minutes
    BRANCARD 2 minutes
    au BLOC en 4 minutes

    Manquaient juste ces fichues étiquettes !
    Question…Comment faire quand un ou une patiente arrive en urgence et qu’il faut l’opérer, est-ce qu’on attend aussi ses étiquettes ?

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