Le B. c’est pour Benetton. Of curse !

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Le B. c’est pour Benetton. Of curse !

Alors voilà Mélanie, 11 ans, vient pour une entorse bénigne de la cheville. Sa famille est là.
On plaisante, ils me trouvent sympa, je les trouve sympas. Tout le monde se trouve sympa. Il manque juste un peu de Champomy et la fête sera plus folle. L’infirmier m’apporte le téléphone : j’ai vu un vieil homme plus tôt dans la matinée. À l’autre bout du fil, c’est sa famille d’accueil (ils ont en garde le vieil homme et ils sont rémunérés pour en prendre soin).
La famille me pourrit car papi reste hospitalisé. Ils sont agressifs. Je retrousse les babines et montre les dents au combiné :
– Avez-vous vu l’état de ses pieds ? Quand j’ai enlevé ses chaussettes un ongle de la taille d’une griffe de velociraptor est tombé. J’aurais pu éplucher des patates avec cet ongle. Vous auriez nettoyé ses pieds plus souvent, sa jambe ne se serait pas infectée et il ne serait pas hospitalisé. CQFD. Salut !
Je raccroche en jurant en espagnol. Oui, BiBi est citoyen du monde : il parle français, jure en espagnol, fait le ménage en japonais, prie en Hindi, et fait l’amour en italien (ou en allemand, cela dépend de l’ambiance).
En fait, le B. de Baptiste, c’est pour Benetton.
Je me retourne vers la famille : ils me trouvaient sympas… maintenant, après m’avoir vu sortir les griffes, ils me craignent un peu. Je détends l’atmosphère, j’ouvre grand les bras et je souris à m’en faire péter l’articulation temporo-mandibulaire :
– À la radiographie on voit que Mélanie aura des pieds immenses. Elle sera aussi grande que son père. Peut-être même plus grande encore ! Mettez-là au basket !

Je pensais annoncer une bonne nouvelle. La gamine me regarde et, comme si j’étais Dieu le père qui venait d’orienter définitivement la courbe de son destin, elle me dit :
– Mais, moi, je voulais devenir jockey !
Là, je reste interdit, je suis tombé sur la seule gamine de 11 ans qui rêve de devenir jockey. J’essaie de penser à 1 000 km/h pour savoir quoi lui répondre.

– Tu seras jockey. Of course. Avec un cheval. Of course. Un cheval très-très grand.

J’aime bien réfléchir à 1 000 km/h. Je veux dire : j’aime VRAIMENT réfléchir à 1 000 km/h.
Je réfléchis en anglais.
Of course.

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