Paranormal Nephrology.

(Tous les externes ont « l’Anecdote », la grande, avec un A majuscule, celle qu’ils racontent le soir du repas de Noël à la famille. Moi, c’est celle-là et c’est cadeau !)

Petit souvenir de l’externat :

Alors voilà Mlle H., 19 ans. Elle a un rein tout nouveau tout beau mais se plaint de cauchemars.
– Toujours le même, dit-elle, et c’est chaque nuit depuis l’opération.
Le chef :
– Vous savez les antalgiques peuvent parfois provoquer des troubles du sommeil.
Elle :
– Je suis dans un centre commercial et y a ce train énorme qui me fonce dessus.
Je regarde le chef qui regarde Mlle H. qui regarde son père qui regarde l’infirmière qui me regarde. On se regarde. Personne ne dégaine : c’est ce qu’on appelle un vrai braquage à la mexicaine.
Finalement, tour de passe-passe, le chef sort un lapin de son chapeau :
– On va baisser les morphiniques.
Basta !
Nous quittons la chambre.
Moi, petit garçon qui veut croire à la magie :
– C’est quand même étrange. Quelle est la probabilité mathématique, parmi tous les rêves possibles, qu’elle fasse celui-là ? Je veux dire : en France le don est anonyme, personne ne sait rien sur le donneur hormis le chirurgien et nous.
Le chef, nouveau lapin sorti du chapeau :
– Je suis pas statisticien et pas mathématicien.
Et pas Dumbledore non plus. Tant pis pour moi. Je n’aurai pas d’explication, pas de chocogrenouille et pas de jus de citrouille.

Le rein tout neuf de Mlle H. vient d’un suicidé de 28 ans qui s’est jeté sur des rails.

Je n’ai jamais eu le fin mot de cette histoire. Je sais juste une chose : parfois, il se passe des événements étranges quand on tombe malade, je veux dire : il se passe des événements VRAIMENT étranges quand on tombe malade.

(Demain, je vous surprends, préparez-vous…)

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16 réflexions au sujet de « Paranormal Nephrology. »

  1. C.

    Bonsoir
    Je découvre ce soir ton blog, tout a fait génial.
    Pour cette histoire : est-il possible qu’elle aie « entendu » l’histoire sous anesthésie, pendant l’opération, et que son cerveau l’aie, en quelque sorte, emmagasinée ?

    C.

  2. L.

    J’en ai aussi discuté et c’est probablement la bonne hypothèse. L’information étant assez choquante, surtout pour la patiente, le thalamus a du stocker l’information si le médecin ou l’infirmière en a parlé durant l’opération, et finalement elle est stimulée la nuit, quand l’inconscient travaille. Car dans cette situation, réveillée et consciente la patiente ne pourra pas se souvenir dans quand elle a pu être au courant de cette information.
    Comme quoi, il faut toujours rester prudent quand on est médecin. Je veux dire, il faut VRAIMENT toujours rester prudent.
    L.

  3. rico

    moi je crois plutot à la mémoire des « corps » le suicide, est un tel traumatisme, que « cela » s’est logé dans tout son être.
    et en transplantant le rein, celui ci  » diffuse » l information. je sais que ça parait sot à dire ainsi, mais ça ne me parait pas improbable

    1. Kinou

      Je pense aussi à cela. Les organes sont fait de cellules vivantes, donc qui vivent, ressentent et ont la mémoire des événements. Le cerveau n’est le seul à garder la mémoire.

  4. fayrouz

    …cette histoire me rappelle un ivre que j’ai lu récemment : « le cœur d’une autre »…de Tatiana de Rosnay…un bon moment de lecture.

  5. K.

    J’ai découvert votre blog depuis peu et j’adore ce que vous faites. Cette anecdote est en effet l’Anecdote avec un grand « A ». La mémoire peut parfois nous surprendre. Je veux dire que la mémoire peut VRAIMENT parfois nous surprendre. Et c’est peut être bien ce qui s’est passé? La question est de savoir si vous (vous même B. B., le chirurgien et l’équipe) en avez parlé durant l’opération?????
    ( Allez Monsieur B. B, ne nous laissez pas comme cela, en suspens!!)
    Dans ce cas, ça pourrait bien être une info stockée en mémoire (comme l’avez expliqué C. et L. plus haut) .

  6. Muriel

    j’ai été transfusée deux fois. La deuxième fois, j’ai nettement senti que le donneur de la poche de sang qu’on me transfusait était une femme d’environ 45 ans, douce et généreuse. Son sang m’a fait un bien fou. Bien sur, le sang n’est pas un organe, il se recycle continuellement, et cette impression physique s’est dissipée au cours des semaines suivantes. Mais j’ai gardé la mémoire de ce don et de la gratitude que j’ai ressentie envers cette femme.

  7. Syl

    Bonjour et pardon par avance pour la naïveté de ma question:
    Il peut rester un rein intact du corps d’un » suicidé des rails »?

    J’ai eu votre livre pour mes 54 ans: beau cadeau d’anniversaire!

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